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lundi 23 mai 2016

La tique peut transmettre jusqu'à 5 maladies en une morsure !

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Des chercheurs viennent de montrer que l'acarien connu pour disséminer la maladie de Lyme peut en réalité refiler toute une brochette de pathogènes.

Depuis quelques années, les scientifiques savent que les tiques peuvent transmettre à l'homme non pas une seule maladie - telle la maladie de Lyme - à chaque morsure, mais plusieurs. Pourtant, jusqu'ici, les études se contentaient, pour démasquer ces co-infections qu'on pensait exceptionnelles, de tester les différents pathogènes présents chez la tique deux par deux. Muriel Vayssier-Taussat, directrice de recherche à l'Inra à l'École nationale vétérinaire d'Alfort et grande spécialiste de l'acarien, n'a pas chipoté en décidant, avec son équipe, de recenser d'un coup tous les pathogènes pour l'homme chez Ixodes ricinus - la tique la plus répandue en Europe et principal vecteur de maladies.



Tous ! soit – pour l'instant – 38 bactéries, parasites et virus, que la charmante suceuse de sang transmet via sa salive lorsqu'elle pique ses victimes pour s'abreuver. Cette étude (1), publiée par quatre équipes de l'Inra ce jeudi dans la revue Plos Neglected & Tropical diseases , première de cette ampleur, ouvre de nouveaux champs de recherche, montrant que les co-infections naguère considérées exceptionnelles seraient plutôt la règle.

En effet les résultats sont stupéfiants : la moitié des tiques analysées par l'Inra sont infectées par au moins un pathogène. Et parmi elles, encore la moitié en renferment plusieurs autres, jusqu'à cinq ! On comprend dès lors que les co-infections sont finalement monnaie courante et que « les tests actuels utilisés pour déceler seulement les borrélies, les bactéries responsables de la maladie de Lyme, ne sont pas la bonne stratégie, vu la diversité de pathogènes qui peuvent être transmis par une seule morsure de tique. Il n'est, d'ailleurs, même pas impossible que ces co-infections, brouillent totalement les résultats des tests sanguins… » explique la scientifique

Pour réaliser cet inventaire complet, Muriel Vayssier-Taussat et son équipe se sont rendues dans les Ardennes, une des zones les plus infestées par les tiques en France, entre mai et août 2012. Une ligne imaginaire de 80 kilomètres a été tracée à travers des zones boisées proches des habitations. Là où les mamies promènent leurs chiens, où les enfants jouent à cache-cache, où les joggeurs se défoulent, où finalement n'importe qui a toutes les chances de se faire agripper par une tique au moindre pas.
Les chercheurs sont donc partis à la chasse aux tiques le long de cette ligne d'observation qu'on appelle un transect. Il s'agit d'une opération très codifiée. Elle consiste à avancer, dix mètres par dix mètres, en balayant les herbes et la végétation sur une largeur d'un mètre, à trois reprises avec un grand drapeau en tissu blanc. Plein de bestioles se retrouvent ainsi sur la toile, mais ne sont collectées que les femelles tiques adultes.

Pourquoi pas les mâles ? C'est qu'ils ne piquent pas. En effet, les malheureux n'en ont pas le temps ! Immédiatement devenus adultes, ils s'accouplent et meurent ! Circulez, il n'y a rien à voir. De même, les scientifiques ne ramassent pas les larves de tiques car, n'ayant pas encore effectué leur premier repas, elles ne renferment que les pathogènes transmis par leur mère, c'est-à-dire assez peu.

Ce n'est qu'après leur premier festin sanguin sur un humain, sanglier, cerf, chevreuil, lapin, chien, chat, petit rongeur, oiseau… et même lézard que les larves se transforment en nymphes. Elles aussi sont capables de mordre et de transmettre des maladies, mais elles sont rarement repérées tant elles sont minuscules. D'autant que leur deuxième repas les élèvera au rang de tique adulte, avec une amplification de leur charge en pathogènes, pompés sur les victimes.

Les 267 tiques ramassées dans les Ardennes ont été ramenées au labo d'Alfort pour une petite toilette. « On les a décontaminées de manière à être sûrs que les microbes qu'on allait observer appartiennent bien à la tique et pas à son environnement extérieur », note la spécialiste. Propres comme des sous neufs, les tiques sont tout bonnement écrabouillées, broyées, une à une, afin d'en extraire, grâce à une méthode mise au point par l'Inra et l'Anses, la trace génétique, ADN ou ARN, des 38 pathogènes ciblés simultanément.
Déjà, les scientifiques s'étaient aperçus que les signes cliniques sont bien différents suivant que le malade est infecté par un seul pathogène ou par plusieurs. « Ce qui complique d'autant le diagnostic et la prise en charge de la maladie. On ne comprend d'ailleurs toujours pas pourquoi certains malades répondent bien aux traitements antibiotiques dirigés contre Lyme et pas d'autres. On part de l'hypothèse que les co-infections jouent un rôle dans cette non-réponse. Il est primordial de comprendre dans quelle mesure », poursuit-elle. Impossible de dire à ce stade si elle voit juste, mais déjà les médecins s'arrachaient les cheveux avec des patients atteints par deux pathogènes, alors cinq…

Dans cette étude, les chercheurs de l'Inra ne se sont d'ailleurs pas contentés de recenser les pathogènes. Ils ont également pris soin de rechercher quatre bactéries vivant en symbiose avec la tique, et jusqu'à présent considérées comme non pathogènes chez l'homme. « L'une d'elles est même présente dans 100 % des tiques ! Il s'agit d'une proche cousine de Wolbachia, celle qui diminue le pouvoir infectant du virus de la dengue chez le moustique.

Nous devons absolument nous pencher sur ces symbiotes qui peuvent avoir un rôle clef dans le maintien et la transmission des pathogènes. Agir sur les symbiotes pourrait être un nouveau moyen de lutte contre les maladies transmises par les tiques », conclut Muriel Vayssier-Taussat.

Source : http://www.lepoint.fr

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